Accaparé par l'écriture d'un nouvel ouvrage et la recherche d'un autre éditeur, je n'ai malheureusement plus le temps d'alimenter mon blog. Celui-ci va donc, à mon grand regret, se mettre au repos pour de longs mois.
Je tiens à remercier chaleureusement tous mes lecteurs de leur fidélité. Leurs commentaires ont considérablement enrichi mes
écrits et j'ai pris beaucoup de plaisir à leur rendre visite.
Pour l'intégralité des facéties d'Hippocrate, début ici en lisant de bas en haut.

Dans une intervention reprise par le Figaro, Henri Emmanuelli récuse toute alliance avec le centre et compte bien peser avec les partis d'extrême gauche pour imposer un courant antilibéral au Parti Socialiste. Ségolène Royal est donc assaillie par bâbord par l'antédiluvien sampan marxiste qui lui reproche son récent positionnement au centre et canonnée à tribord par le destroyer centriste dont les députés se sont prononcés à plus des deux tiers pour Nicolas Sarkozy. Dans quelle mer le vieux cargo socialiste va-t-il pouvoir encore naviguer ? N'est-il pas en train faire naufrage comme ses thèses égalitaristes ? François Bayrou ne prépare-t-il pas la future recomposition du paysage politique à bord du nouveau Parti Démocrate en poussant la barre à gauche pour pilonner un PS dont une partie de l'électorat semble se droitiser ? Va-t-il y parvenir alors que le sous-marin "Gilles de Robien" téléguidé par le porte-avion de l'UMP s'apprête à reprendre le navire UDF pour isoler François Bayrou dans des eaux qui n'ont jamais été les siennes ? A mélanger les sensibilités, les deux challengers du scrutin ne risquent-ils pas de perdre leur âme et leur électorat sur ces océans improbables ? A l'évidence, ils naviguent à vue ...
Présidentielles 2007

J'ai entendu hier Vincent Peillon reprendre la rengaine désormais connue selon laquelle Nicolas Sarkozy opposerait une partie de la population contre l'autre : les assistés contre les gens qui travaillent, les voyous contre la police, les transports publics contre les usagers etc ... Je note en revanche qu'il n'a pas osé dire que le candidat montait les salariés des entreprises contre les patrons voyous après la condamnation sans appel de Noël Forgeard par le leader de l'UMP. Monsieur Peillon pourrait-il m'expliquer comment dénoncer l'assistanat, la délinquance, la prise en otage systématique des usagers par certains membres de la fonction publique et les abus du PDG d'airbus, sans en parler ? Peux-t-il comprendre que la population n'a pas eu besoin des discours de Nicolas Sarkozy pour se lasser des grèves à répétition de la SNCF, pour souffrir des méfaits de la délinquance dans certains quartiers, pour constater que leur voisin se la coule douce en se vantant de ne pas chercher de boulot ou pour être scandalisés par l'attitude de certains dirigeants ? La vérité, c'est que les électeurs sont tout simplement heureux de constater qu'un candidat parle de l'indicible. La réalité, c'est que Monsieur Peillon, directeur de campagne de Ségolène Royal, souhaite, comme Jospin, comme Chirac et comme sa candidate, que la mer reste rigoureusement plate, et que surtout, tout continue comme avant ...

Quelques mots d'un essayiste bien connu des américains qui a développé une véritable éthique de la politique au XIXème siècle :
Deux peuvent parler et le troisième écouter, mais trois personnes ne peuvent prendre part à une conversation sincère et profonde.
Ralph Waldo Emerson

Quittons un instant les mots convenus de la campagne électorale et analysons. Qu’a donc fait le nain de la place Beauvau pour susciter autant de passion chez ses partisans et attiser autant de haine au sein de ses détracteurs ? Ce rejeton d’un ancien aristocrate magyar dépecé par les barbares du communisme représente-t-il cette vieille noblesse que nous avons décapitée en 1789 sur des idées qui avaient au fond outrepassé celles des lumières ? Ce fils d’une juive dont la famille a échappé à la Shoa nous rappelle-t-il ou absout-il nos errances collaborationnistes passées ? Cet émigré infortuné venu de l’est, au nez de limier et à la pugnacité de lion, est-il le messie d’un nouveau rêve de réussite ? Je ne saurais le dire. Mais le gnome de Neuilly est assurément parvenu à ébranler une société française tombée en léthargie après avoir levé les barricades de 68. Il a réalisé la prouesse de faire chanceler nos intellectuels, longtemps abêtis par une pensée trotskiste qui, depuis Bakounine, pisse sur l’argent et le travail tout en se gargarisant des commandements outrés d’un christianisme moribond. Le diable hongrois a su administrer ce choc électroconvulsif salutaire à une population profondément atteinte d'une névrose de commisération, en n’hésitant pas à brandir le Karcher en direction des voyous qui épuisent les habitants de nos banlieues. Ce trublion de la politique nous a également réconciliés avec l’action en montrant une ardeur quasi-épileptique depuis cinq ans. Enfin, et c'est peut-être l'essentiel, ce séditieux a pulvérisé les dogmes sacrés qui pèsent sur nos âmes depuis Giscard, en utilisant sans détour les mots les plus crus.
Je l’avoue, c’est avec un furieux plaisir de transgression que j’ai enfoncé mon bulletin dans l’urne. Je le reconnais, j’ai ressenti par ce petit geste la jouissance de faire exploser cette censure sournoise que Mitterrand avait crapuleusement imposé à Chirac pour le transformer en koala de la politique.
Je l’ai déjà dit, je suis client de Sarkozy, et au delà de toute polémique, j’ai enfin la certitude que pour une fois, pendant cinq ans, on va cesser de s’ennuyer …






