Accaparé par l'écriture d'un nouvel ouvrage et la recherche d'un autre éditeur, je n'ai malheureusement plus le temps d'alimenter mon blog. Celui-ci va donc, à mon grand regret, se mettre au repos pour de longs mois.
Je tiens à remercier chaleureusement tous mes lecteurs de leur fidélité. Leurs commentaires ont considérablement enrichi mes
écrits et j'ai pris beaucoup de plaisir à leur rendre visite.
Pour l'intégralité des facéties d'Hippocrate, début ici en lisant de bas en haut.
Pennac affirme que "dans un roman, il n'y a rien de plus vulgaire qu'une idée". C'est en cela qu'il s'est toujours distingué des intellectuels et des gardiens du temple. Voici un de ses mots
:
Il y a pire que l’imprévu, ce sont les certitudes.
Daniel Pennac
Spectacle affligeant de voir toutes ces écoles fermées, ce lundi ! Pendant ce temps, nous trimions pour nos vieux, un jour de pentecôte, sans pouvoir faire garder
nos gosses. Aucun enseignant n'a rougi de se mettre en congé ! Pas un n'a eu de remords à ignorer le plan solidarité grand âge ! Ce sont pourtant eux qui se gargarisent de la prétendue générosité
de gauche ... Ne serait-ce pas toujours avec le travail et l'argent des autres ? Une question pour vous, mesdames et messieurs les instituteurs qui deviez garder nos enfants : vous êtes-vous bien
reposés ? Moi, je suis allé donner mes consultations et j'ai interrogé quelques personnes âgées, elles ne vous disent pas merci ...
Après Pierre-Gilles de Gennes, un aspect moins reluisant de la recherche française :
Mon malade suivant est un chercheur du CNRS. Une grosse tête un peu chauve … Des épaules grassouillettes.
Il sort du boulot généralement vers 15 heures … Parce qu’il ne faut pas exagérer non plus ! Aujourd’hui, il s’est tiré à midi … Il va chez le docteur.
Il est inquiet, le scientifique ! Une douleur pernicieuse lui mine la poitrine ! Le généraliste lui a déjà écouté le cœur … fait un électrocardiogramme … Il l’a finalement rassuré … Un peu de stress … Rien de plus !
Mais il redoute encore l’infarctus, le matou … Avec tout le travail qu’il fournit ! Au moins quatre heures par jour !
- Vous ne vous rendez pas compte, me dit-il. On est en pleine restructuration. Je vais peut-être être obligé de changer de service !
J’ironise :
- C'est vrai que c’est dur.
La précarité, c’est parfois insupportable ! Plus rien ne protège des aléas ! … Il bosse un peu toutefois, celui-là … A côté de mon pote Bertrand, il aurait presque une tête de courageux.
Je l’examine … L’ausculte … Le palpe … Il n’a effectivement rien de grave … De simples douleurs de paroi sur le thorax … Je le rassure … Son heure n’est pas encore venue !
« Ouf ! » commente-t-il. Il avait peur de claquer bêtement … Si près de la retraite à 55 ans … Après des années passées au service de la science.
C’est vrai que ça épuise, la recherche … Ça éreinte ! Ça esquinte ! Surtout quand on ne découvre rien …
Prix Nobel de physique en 1991, Pierre-Gilles de Gennes était un chercheur français hors normes, un curieux infatiguable. Il a plaidé tout au long de sa carrière pour une
réforme en profondeur de l'enseignement. Il expliquait qu'un "élément important de la formation à 15 ans consiste à travailler dans un garage pour y apprendre de la mécanique mais aussi les
rapports humains". Aux enseignants, "très mal informés de la vie moderne", il conseillait de passer six mois ou un an en entreprise.
C'est l'inconnu qui m'attire. Quand je vois un écheveau bien enchevêtré, je me dis qu'il serait bien de trouver un fil conducteur.
Pierre-Gilles de Gennes
Je me suis exprimé de nombreuses fois au travers des facéties sur les perversions du système social français et son coût exhorbitant pour l'économie, la croissance
et l'emploi. Martin Hirsch a dit récemment son désaccord concernant la franchise sur les soins. J'avoue être partiellement de son avis. Tout d'abord parce qu'il y a un effet de seuil et qu'une
fois la franchise dépassée, l'assuré peut à nouveau dépenser sans compter. Ensuite parce que les plus pauvres risquent de renoncer aux soins pour toute l'année en cours. Je reste persuadé que le
système du montant de un euro par consultation non remboursable par les mutuelles créé par Xavier Bertrand sous Chirac est un bon dispositif, mais qu'il doit être corrigé. Premier défaut, son
montant n'est-il pas trop faible pour les gens aisés ? Rien n'empêche en effet les assurés qui payent très cher une bonne mutuelle, d'avoir la tentation de la rentabiliser par une
utilisation débridée du système de santé en ne dépensant que quelques euros. Deuxième anomalie, les bénéficiaires de la CMU ne sont pas soumis à ce montant non remboursable de un euro. Cette
gratuité associée au tiers payant n'a-t-elle aussi pour effet la multiplication des consultations et des examens inutiles ? Le ticket modérateur non remboursable modulé en fonction des
revenus, avec une somme plancher pour les plus démunis, ne doit-il pas être étendu à l'ensemble de la population ? Ne faut-il pas que chacun paye un peu pour sa santé
? Rendons les achats en grandes surfaces totalement gratuits, en tiers payant de surcroît, et nous verrons le gaspillage ... Sœur Emmanuelle, elle-même, avait imposé en Egypte que chaque
personne bénéficiant des soins apporte au moins un petit quelque chose pour les justifier ...








