J e a n   C h r i s t o p h e   B a t a i l l e          C h r o n i q u e   s a t i r i q u e

 

 

 

 

Accaparé par l'écriture d'un nouvel ouvrage et la recherche d'un autre éditeur, je n'ai malheureusement plus le temps d'alimenter mon blog. Celui-ci va donc, à mon grand regret, se mettre au repos pour de longs mois.

Je tiens à remercier chaleureusement tous mes lecteurs de leur fidélité. Leurs commentaires ont considérablement enrichi mes écrits et j'ai pris beaucoup de plaisir à leur rendre visite.

Pour l'intégralité des facéties d'Hippocrate, début ici en lisant de bas en haut.

Lundi 26 février 2007

 

 

 

 

10. Les allergies.

Après avoir fait hospitaliser mon anglais, je récupère en salle d’attente une femme, la quarantaine, d’un embonpoint certain, les yeux rougis et la nifle au nez.
A peine assise, le pif en tempête, elle arrose le cuir de mon bureau d’une pluie nourrie. J'esquive ... Puis j'examine du coin de l'oeil : pas d'infection.
- Désolée, s’excuse-t-elle.
- Allergie ?
- A la poussière ! m’explique-t-elle.
Elle me tend un papelard émanant de son médecin généraliste. Il s’agit d’un certificat :
« Madame …, est apte à reprendre son travail de femme de ménage sous réserve de limiter au maximum l'exposition à la poussière et aux produits d'entretien ménager pendant trois mois. »
Il n’a pas dû passer souvent l’aspirateur, mon confrère …

 

A suivre ...

 


 

 

 

 

 

 

 

par Jean Christophe Bataille publié dans : Les facéties d'Hippocrate
Mercredi 21 février 2007

 

 

 

 

9. To beef or not to beef …

 

- Hello !
Un anglais ! Encore jeune … Très classe … So british ! Je connais la langue de Shakespeare mais mon malade s’exprime dans celle de Voltaire, avec un très fort accent :
- J’ai … un problème … avec mon ventre.
Il paraît souffrir, mon chapeau melon ! Mais proprement … discrètement … sans démonstration.
Il est chercheur au CNRS, expatrié en France depuis un an. Il me l’explique avec une petite moue. Y décelé-je un peu de dédain ? …
J’applique avec prudence ma main sur l’abdomen … Dur comme du bois ! Le genre de truc à opérer de suite ! Une bataille rangée ! Des tripes à l’agonie ! Un colon en implosion !
Je touche son front. Il a au moins quarante … Je compatis :
- Vous travaillez avec une fièvre pareille ?
- Hum … Of course !
- Mais depuis quand souffrez-vous ?
- Depuis un mois, murmure-t-il avec un accent épais comme le fog sur Westminster.
- Et c’est maintenant que vous consultez ?
- Ecoutez …
- Oui ?
- Je suis anglais … poursuit-il d’un ton traînant.
- Et alors ?
- Donc, je ne me plains pas …
Huh ! comme disent les anglo-saxons.

 

 A suivre ...

 

par Jean Christophe Bataille publié dans : Les facéties d'Hippocrate
Mercredi 14 février 2007

 

 

 

 

 

8. Les calotins (suite)

Ils sont venus en famille. Le père et ses quatre enfants … Deux garçons, deux filles … Short gris et polo blanc pour les premiers … Jupe plissée marine et chemise blanche pour les secondes. Ils ont un point commun … Des cheveux parfaitement peignés, presque cardé … Avec une raie … Tous du même coté  ! Ça me rappelle l’histoire de l’enfant de chœur qui a les cheveux bien plaqués sur le crâne parce que le curé lui passe tout le temps la main sur la tête, en lui disant : « Tu ne diras rien … hein ! »
Finalement non ! Ils sont beaucoup plus ! La mère est restée à l’église… Avec cinq autres marmots … Il y en a neuf en tout !
Elle aide un peu à la paroisse … Pour la prochaine kermesse, organisée en l’honneur du Mouvement pour la France.
Il s’agit de la plus petite des gamines. Elle a le dos tordu.
- Nous sortons, me dit-il.
Chez eux, on ne regarde pas un corps nu ! C’est un péché.
- Restez ! … Au moins vous ! dis-je au père.
Je préfère éviter les embrouilles …
La petite se déshabille et le père clôt ses yeux. La religion, ça ne pousse pas au naturisme …

Une scoliose ! Carabinée ! S’ils regardaient leur fille plus souvent, elle ne serait peut-être pas dans cet état …
- Il faut un corset, préviens-je. Rapidement !
Elle penche à droite ! On dirait la tour de pise ! Je ne sais comment elle fait pour marcher sans tomber, la môme ! Pour avoir un semblant de vision horizontale, elle redresse la tête et le cou ! Et ça lui donne un drôle d’air …
Le père tente un signe de croix ... Ça va la redresser, sa fille !
- Je savais qu’il y avait un problème, m’avoue-t-il.
Je lui dirais bien ce que je pense. Mais je me contente de :
- Il n’est pas trop tard … Quatre ou cinq ans de corset … Et elle pourra tenir debout …
Du coup, il a de l’espoir, le béat. Il récitera trois Pater et deux Ave ! En pénitence …

 

A suivre ...

 

par Jean Christophe Bataille publié dans : Les facéties d'Hippocrate
Samedi 10 février 2007

 

 

 

 

 

8. Les calotins.
 
Ils sont venus en famille. Le père et ses quatre enfants … Deux garçons, deux filles … Short gris et polo blanc pour les premiers … Jupe plissée marine et chemise blanche pour les secondes. Ils ont un point commun … Des cheveux parfaitement peignés, presque cardé … Avec une raie … Tous du même coté  ! Ça me rappelle l’histoire de l’enfant de chœur qui a les cheveux bien plaqués sur le crâne parce que le curé lui passe tout le temps la main sur la tête, en lui disant : « Tu ne diras rien … hein ! »
Finalement non ! Ils sont beaucoup plus ! La mère est restée à l’église… Avec cinq autres marmots … Il y en a neuf en tout !
Elle aide un peu à la paroisse … Pour la prochaine kermesse, organisée en l’honneur du Mouvement pour la France.
Il s’agit de la plus petite des gamines. Elle a le dos tordu.
- Nous sortons, me dit-il.
Chez eux, on regarde pas un corps nu ! C’est un péché.
- Restez ! … Au moins vous ! dis-je au père.
Je préfère éviter les embrouilles …
La petite se déshabille et le père clôt ses yeux. La religion, ça ne pousse pas au naturisme …

 

A suivre ...

 

par Jean Christophe Bataille publié dans : Les facéties d'Hippocrate
Lundi 5 février 2007

 

 

 

 

 

 

 

7. Le travail au noir.

 

Ah ! Enfin un ! Le seul malade en CMU à être venu. En retard ! Normal, il travaille ! Au noir bien sûr ! Je le connais, il fait son beurre dans la rénovation, chez des particuliers  ... Les devis des artisans sont si chers ! Heureusement qu'il est là ! Je lui rétorque que les gens qu'il décrie se lèvent à 5 heures du mat et payent une tonne de charges sociales pour alimenter le gourbi ! Mais mon malade, lui, refuse d'alimenter le pot, alors qu'il a en prime le RMI, un logement social et tout le toutim ! Et cerise sur le gâteau : la CMU ! Pas même une mutuelle à payer ! Et l'Assedic lui demande de pointer, par Internet, entre deux chantiers ! Sans jamais vérifier où il est ! La bêtise est là ... Devant mes yeux ... Et ça ne donne pas envie de travailler ...
 

A suivre ...

 

Crédit photo Patriarch

par Jean Christophe Bataille publié dans : Les facéties d'Hippocrate
 

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